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Origines des logiciels libres Les opérateurs des premiers produits en série prirent l'habitude de former des groupes d'utilisateurs pour partager leurs expériences : SHARE et COMMON pour IBM, DECUS pour Digital Equipment Corporation, etc. En effet, il n'y avait alors pas de ressource pour se former, en dehors des formations données par les fabricants. Ces groupes étaient soutenus par les fabricants eux-mêmes et des modifications de logiciels étaient échangées.
À cette époque, c'était le matériel informatique qui était censé constituer la source de revenu, le logiciel n'étant qu'un moyen d'en faciliter la vente. L'accès au code source était normal, car nul n'achetait un ordinateur sans disposer d'une équipe de programmeurs. Bien avant même la création d'Unix, les milieux professionnels et universitaires échangeaient volontiers leurs logiciels et leurs codes sources, et les constructeurs donnaient le leur pour rien jusqu'à ce que les lois antitrust le leur interdisent afin de permettre l'exercice d'une concurrence dans ce domaine.
Les lois antitrust en bref :
Les lois antitrust américaines ont été adoptées dans le but d'assurer que l'offre de biens au public consommateur est dictée par les forces dynamiques du marché libre.
Les lois antitrust américaines ont pour principaux objets :
- d'empêcher l'existence, entre concurrents, d'accords ou d'ententes susceptibles de causer un préjudice à la concurrence;
- d'empêcher l'existence, entre clients et fournisseurs, d'accords ou d'ententes susceptibles de causer un préjudice à la concurrence;
- d'empêcher les fusionnements, les acquisitions ou la création de coentreprises lorsque de telles opérations sont susceptibles de causer un préjudice à la concurrence;
- d'empêcher une entreprise de prendre certaines mesures unilatérales qui sont susceptibles de causer un préjudice à la concurrence.
En outre, jusqu'aux années 1970, il n'était pas encore tout à fait clair que le droit d'auteur s'applique aux logiciels. Par décisions de justice, les constructeurs sont contraints de facturer séparément leurs logiciels au début des années 1970 ; en quinze ans, l'avènement de la micro-informatique va généraliser ce modèle et donner un essor aux éditeurs de logiciels qui s'orientent vers la vente de licences d'utilisation. Un exemple souvent cité pour illustrer ce tournant est une lettre ouverte de Bill Gates aux hobbyistes pour les enjoindre de cesser de copier illicitement les logiciels. Ce même Bill Gates, en obtenant qu'IBM lui laisse les droits du DOS - puis de Windows - et ne commercialise qu'une license d'usage, deviendra deux décennies plus tard l'homme le plus riche dans le monde où il se vend un ordinateur personnel toutes les dix secondes, plus de neuf sur dix étant prééquipé d'un système Microsoft.
Les constructeurs ont parallèlement restreint l'accès au code source des programmes, car les modifications souvent effectuées par les équipes des clients en rendent problématique le support à distance (stratégie OCO, object-code only d'IBM) à partir du début des années 1980.
Il devient impossible, et dans certains cas interdit, d'étudier, de corriger ou d'améliorer les logiciels acquis. Non seulement l'utilisateur ne peut plus adapter le logiciel à ses souhaits, mais en cas de bogue, il se retrouve dépendant du bon vouloir de l'éditeur du logiciel.
Enfin, la copie, une opération naturelle avec un ordinateur, devient en règle générale interdite (par défaut, le droit d'auteur interdit la copie non explicitement autorisée). Les logiciels disponibles uniquement sous ces conditions restrictives deviennent alors la règle, et les logiciels jusqu'alors librement échangés se retrouvent souvent intégrés dans des produits commerciaux figés et non partageables.
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| M.Richard Matthew Stallman, alors chercheur au laboratoire d'intelligence artificielle du Massachusetts Institute of Technology, ressent profondément ce changement lorsqu'il se voit refuser l'acces au code source d'un programme.
Il prend alors la tête d'une véritable croisade contre la " propriétarisation " des logiciels avec un argument qui restent toujours d'actualité : " il n'est pas normal que lorsqu'on utilise un logiciel, on ne puisse pas savoir ce qu'il y a dedans ". Et de pointer les risques : manque d'optimisation, dysfonctionnement, bugs, espionnage…) sans oublier que le fait que la disparition d'un éditeur ou la décision d'arrêter les développements entraîne la mort du logiciel, sans que les utilisateurs puissent réagir. En 1983 il crée donc le projet GNU, qui a pour objectif de construire un système d'exploitation compatible avec Unix, et dont la totalité des logiciels est librement partageable.
Parallèlement aux travaux de développement engagés, Richard Stallman fonde la Free Software Foundation (FSF). Afin de donner une assise solide à son projet, Richard Stallman définit précisément la notion de logiciel libre.
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| Et il rédige avec l'aide d'Eben Moglen la licence publique générale GNU (GPL) qui utilise le droit d'auteur pour garantir la pérennité du droit au partage (et donc interdire la possibilité qu'une évolution ne soit plus partageable) .
C'est ainsi qu'il fixe un cadre juridique et encourage le développement du logiciel libre. Le but des logiciels libres est de permettre le partage complet de l'information, d'où la référence à la liberté. Si Richard Stallman considère bien sûr que les logiciels jusqu'alors librement partageables sont libres, il inclut également les logiciels sous copyleft dans les logiciels libres.
L'invention du copyleft, mis en œuvre par la licence publique générale GNU, permet de résoudre deux exigences apparemment paradoxales : permettre le libre partage d'un logiciel, tout en empêchant son intégration dans des produits non partageables. Les logiciels libres sous copyleft sont donc disponibles sous une licence qui inclut un nombre important de clauses visant à empêcher toute possibilité de rendre le logiciel moins libre en le redistribuant.
Ainsi la GPL exige entre autres que toute redistribution se fasse exactement sous les conditions de la GPL, tant pour le logiciel original que pour les modifications qui auraient été faites, en garantissant l'accès au code source complet pendant plusieurs années.
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| Dernière publication le jeudi 24 janvier 2008 |
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